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70 ans de la SBP: Conférences d'acceuil

A l'occasion des 70 ans de la Société Belge de Psychanalyse, nous avons le plaisir de vous faire part de nos conférences d'accueil.

Gateau


L'accueil de la Présidente

Beste vrienden en collega’s, chers amis, chers collègues,

Au nom des membres de la société belge de psychanalyse je vous souhaite à tous la bienvenue et vous remercie d’être ici avec nous ce soir pour fêter notre 70ième anniversaire. 70j worden is terugblikken op een respectabele geschiedenis en we zijn blij dat we jullie vanavond hiervan wat kunnen tonen.

Le passé porte la promesse du futur et dans les exposés de mes collègues, vous découvrirez que la vitalité actuelle de notre société est le fruit d’un investissement passionné pour la psychanalyse tout au long de ces années.

Wanneer vandaag de politieke visie omtrent geestelijke gezondheidszorg het psychoanalytisch denken weinig waardeert, is het des te belangrijker van de soliede basis te kennen die aanleiding gaf tot het ontwikkelen van een gedegen opleiding en uitgebreid wetenschappelijk curriculum die ons in staat stellen van op het terrein de mentale problemen in onze maatschappij te behandelen.

La psychanalyse est avant tout un soin et peut répondre aux questions que se posent nos patients dans la société actuelle, menacée par l’immédiateté, la globalisation et le risque d’un appauvrissement de la pensée et des relations humaines. C’est la raison pour laquelle nous estimons la valeur de cette verticalité, cette ligne du temps qui nous réunit à l’histoire, tant sur le plan individuel que groupal.

Onze Vereniging is Belgisch, doch zoals u weet hoofdzakelijk Franstalig. Les collègues néerlandophones, dont je fais parti, sont une minorité mais ont déployé beaucoup sur le terrain en Flandres. Met onze kleine groep zijn we erg actief geweest op het terrein en ontwikkelden verschillende initiatieven, namen belangrijke plaatsen in op universitair vlak, in residentieel behandelmilieu, lagen mee aan de basis van het enige Nederlandstalige Tijdschrift voor Psychoanalyse, waren mede-oprichters van de Stichting Psychoanalyse en Cultuur en publiceerden intensief over verschillende psychoanalytische onderwerpen.

Outre la psychanalyse française, qui constitue un peu notre berceau, l’intérêt profond pour la psychanalyse anglo-saxonne caractérise la société belge et témoigne de notre effort d’intégration des apports culturellement différents.

De aankoop van een huis betekende een belangrijke stap voorwaarts die slechts mogelijk was door de inspanning van alle leden. Cette Maison nous permet aujourd’hui de nous ouvrir plus vers l’extérieur, mais aussi de développer la vie intérieure de la société et de vous acceuillir!

Avant de passer la parole à Annette Watillon qui nous parlera plus en détail de l’histoire de la société, à Claire Rémy qui a porté le projet de la Maison, à Jacqueline Godfrind, présidente de la Commission d’enseigenement et à Marie-France Dispaux qui vous donnera un aperçu des activités scientifiques externes, je tiens à remercier tous mes collègues qui ont énormément travaillé pour préparer cette soirée. Naast deze korte toespraken wil ik ook de aandacht trekken op de visuele voorstelling die speelt in de kleine conferentiezaal en interviews, korte filmfragmenten en foto’s toont in verband met onze geschiedenis. Ik wens jullie een aangenaam moment autour d’un verre d’amitié.

Christine Franckx

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Un peu de notre histoire

Nous fêtons la création aujourd'hui de la Société Belge de Psychanalyse, de Belgische Vereniging voor Psychoanalyse qui s'intitulait en décembre 1946, L'association des psychanalystes de Belgique crée par Maurice Dugautiez, Fernand Lechat et Madame Camille Lechat-Ledoux.

Vous n'ignorez pas que la psychanalyse est l'œuvre de Sigmund Freud, né en Moravie en 1856, médecin spécialisé en neurologie, exerçant à Vienne jusqu'en 1939, s'établissant ensuite à Londres fuyant la persécution nazie. On admet en général que ses idées ont commencé à se répandre en 1895, date de la parution simultanée des « Etudes sur l'hystérie » coécrites avec Breuer et d'un article édité en français: « Obsessions et phobies, leurs mécanismes psychiques et leur étiologie ».

Les idées freudiennes se sont répandues en Europe à un rythme variant d'un pays à l'autre. Dès 1900 Freud commence à donner des conférences et ses parutions sont petit à petit traduites de l'allemand. La Hollande fit rapidement un accueil intéressé et peu critique à la psychanalyse et la Société néerlandaise vit le jour en 1917. Par contre, en Allemagne la pensée Freudienne fut assez rapidement cataloguée comme peu intéressante, peu scientifique et rejetée car émanant d'un juif. Une société de psychanalyse fût néanmoins créée en 1910 dans la continuation d'un groupe de discussion animé par Freud. Le nazisme a interdit la psychanalyse. En France, c'est par le biais d'une revue créée par Alfred Binet qui ouvrit ses pages aux personnes intéressées par la psychanalyse, que celle-ci se répandit. Toutefois, cette doctrine fut victime du chauvinisme français et du racisme antisémite. La société psychanalytique française fut créée en 1926 et joua un rôle dans la formation de nos fondateurs.

Quand Freud déploie ses idées, la psychiatrie en est à ses balbutiements et la maladie mentale est considérée comme héréditaire ou comme une dégénérescence du système nerveux. En 1908 se tient à Salzbourg la première rencontre de ceux qui s'intéressent à la psychanalyse, en 1909 Freud est invité en Amérique et s'y rend avec Jung et Ferenczi. Il y fait une conférence :« Cinq leçons sur la psychanalyse ». En 1909 il charge Ferenczi de mettre sur pied l'« Association Internationale de psychanalyse » qui existe toujours et qui, entre autres choses, se porte garante des règles relatives à la qualité de la formation des psychanalystes. La SBP en est membre depuis ses débuts (1949) et est la seule société psychanalytique belge à en faire partie.

La guerre 14-18 va freiner l'expansion de la psychanalyse mais certains médecins seront intéressés par les idées que Freud développa à propos des névroses de guerre.

Le premier psychanalyste belge est flamand, Julien Vaerendonck né a Gand. Il a exercé pendant une très brève période la psychanalyse en pratique privée (en 1923). Il avait été formé par Théodore Reik, compléta sa formation à Vienne chez Freud. En 1921 il écrivit un article « The psychology of day dreams » (la psychologie du rêve éveillé). Freud en a écrit une préface très élogieuse et Anna Freud en a traduit une partie. Le décès précoce de ce précurseur ne lui a pas donné l'occasion de former des élèves

En 1923 parait en Belgique un compte-rendu, non signé, d'un article de Freud: « Introduction à la psychanalyse », écrit en 1915. Ce résumé paraît dans le Journal de neurologie. Le fait que cet article paraisse sans signature est significatif de la prudence qui préside à l'acceptation en Belgique des idées freudiennes. C'est d'abord le monde juridique qui s'intéresse aux théories freudiennes vu que Freud donne une place importante aux motivations inconscientes de nos actes. Ensuite ce seront des philosophes qui trouvent ces idées intéressantes mais refusent avec indignation l'idée d'une sexualité infantile. Ceci concerne en grande partie le milieu des prêtres philosophes de l'université catholique de Louvain/Leuven encore bilingue à cette époque. Il semble que le monde médical soit le dernier à s'être intéressé à la doctrine freudienne et plusieurs auteurs y ayant adhéré se sont rétractés vers la fin de leur carrière sous la pression de leurs confrères.

En 1928 a lieu à Bruxelles le 28° congrès des médecins aliénistes et neurologistes des pays de langue française. La différence entre les articles écrits par les français inspirés des idées freudiennes et ceux des médecins belges qui n'y font aucune allusion, est très marquée. Quelques noms sont à retenir, Jacques De Busscher, (né à Gand) médecin, professeur aux universités de Bruxelles et de Gand. Il défend les idées freudiennes et regrette la lenteur de leur diffusion en Belgique et en France. Auguste Ley s'intéresse à l'association libre prônée par Freud mais à la fin de sa vie, il renie son intérêt pour Freud.

Une revue, 'Le psychagogue' parue pour la première fois en 1931 nous fournit quelques notes intéressantes. Elle a cessé de paraître en 1939. Elle se définit comme une revue de vulgarisation scientifique cherchant à présenter la méthode psychanalytique comme étant la seule capable de guérir durablement les troubles nerveux. On y trouve des articles très courts, exposant des études de cas, l'annonce de congrès et conférences, des comptes rendus de livres. Le nom de Dugautiez y apparaît comme secrétaire.

Revenons aux fondateurs. Maurice Dugautiez est né à Leuze en 1893. Issu d'un milieu petit bourgeois provincial, il témoigne d'une curiosité pour l'hypnotisme et la suggestion. Il donne de nombreuses conférences au sein d'un forum politico-socialiste, reprises dans la revue « Le psychagogue » qu'il aurait créée. Sa curiosité et ses lectures concernant ses centres d'intérêts lui font rencontrer la psychanalyse en 1928. C'est en 1933, qu'il rencontre Fernand Lechat venu l'écouter. Les deux hommes partagent la même curiosité pour le psychisme, l'hypnose et la psychanalyse et décident de s'y former. Fernand Lechat prend contact avec la Société psychanalytique de Paris qui leur signale la présence en Belgique du Docteur Hoffman et ils entreprennent une analyse de formation auprès de lui. Le Docteur Hoffman (analysé par P. Federn) de Vienne résidait en Belgique à ce moment ayant fui la terreur nazie. Il y restera deux ans puis fuyant vers la France, il y sera arrêté et périra des suites de son emprisonnement. Dugautiez et Lechat continuent leur formation à Paris en suivant des contrôles auprès de Marie Bonaparte et du Dr. John Leuba. La formation psychanalytique implique d'avoir fait une analyse personnelle puis des analyses sous le contrôle d'analystes formateurs. La deuxième guerre mondiale coupa les contacts avec la France et retarda leurs projets. C'est en décembre 1946 qu'ils créèrent avec Madame Camille Lechat, l'Association des psychanalystes de Belgique.

L'association est créée alors que Dugautiez et Lechat ont été reconnu membres titulaires par la Société parisienne. L'association reçoit en 1947 une reconnaissance provisoire de l'IPA qui sera confirmée en 1949 par un vote à l'unanimité lors d'un congrès à Zürich. Elle était sponsorisée par Marie Bonaparte et John Leuba. Mr. Dugautiez est nommé président dès la création de l'association et le restera jusqu'en 1958, date où il démissionna pour des raisons de santé. Dugautiez et Lechat ont vaillamment défendu leur patrie pendant la guerre de 1914. Lechat y fut blessé et Dugautiez gazé. Il en garda des séquelles pendant le restant de sa vie et ceux qui ont été en analyse ou en supervision chez lui se souviennent de ses difficultés respiratoires. Monsieur Lechat lui succéda à la présidence pour quelques mois seulement car il mourut en 1959. C'est madame Lechat qui assuma la présidence jusqu'à ce qui aurait dû être la fin de son mandat en 1960 date de la création de la Société Belge de Psychanalyse - Belgische Vereniging van Psychoanalyse dont Madame la Doctoresse Jacobs van Merlen devint présidente.

Monsieur Lechat, né en 1895 à Mont-sur-Marchiennes, était psychologue industriel. Il mit sur pied une affaire d'assurance, mais son intérêt allait vers l'humain et la psychologie des profondeurs. Il épousa en deuxième noce une jeune enseignante qui demeurera pendant toute leur vie commune, son soutien et sa collaboratrice assidue. Sa rencontre avec Dugautiez lui permit de donner forme à son intérêt pour la psychanalyse. Tous ceux qui l'ont connu, vantent son enthousiasme, son dévouement et sa vitalité. C'est lui qui créera le Bulletin de l'Association, revue trimestrielle qui donne des nouvelles de l'association et édite de nombreux articles de ses membres.

Madame Lechat est institutrice et s'intéressera à la psychanalyse de l'enfant qui devint vite florissante en France. C'était une personne réservée, se mettant peu en avant et qui est décédée en 1985 .

Après le décès de deux des membres fondateurs, la jeune Société se trouve devant une difficulté majeure. Il y a 4 membres qui sont analystes formateurs et qui vont devoir assumer la reprise de la formation des membres orphelins de leurs psychanalystes. Ce fut un moment crucial où le dévouement, l'enthousiasme et le travail des fondateurs était en réel danger. Les jeunes psychanalystes autorisés à faire des analyses de formation prirent sur leurs divans les 'orphelins' et grâce à leur courage et au dévouement à la cause psychanalytique, la Société put se redresser, former des membres et se développer. Nous pouvons être très reconnaissants aux Dr Flagey, Dr. J.Bourdon, Dr. Thérèse Jacobs van Merlen et à Madame Camille Lechat de leur courage et leur dévouement.

La suite de l'histoire de la Société belge de Psychanalyse est celle d'un groupe de personnes enthousiastes, convaincues et persévérantes. Nous avons évidemment connus, comme tous les groupes, des conflits, des deuils, des critiques. A noter que nous sommes une des seules sociétés scientifiques restées bilingues en Belgique ceci grâce au dévouement de quelques bilingues mais surtout grâce aux efforts consentis par les membres néerlandophones pour s'adapter à un milieu majoritairement francophone et je pense également, en fonction d'une entente solide entre eux, sous l'égide du Professeur Roland Pierloot. Ils ont progressé dans la hiérarchie et nous avons le plaisir d'avoir une présidente bilingue, Madame la Doctoresse Christine Franckx qui n'est pas la première présidente bilingue.

Entre 1960 et 2016 la SBP a connu beaucoup de transformations. L'accès à la formation fut plus organisé et les entretiens préliminaires plus approfondis et discutés par plusieurs membres de la commission d'enseignement nouvellement crée. La jeune société a d'abord perfectionné ses structures et son fonctionnement. Elle s'est ensuite petit à petit tournée vers l'extérieur, a organisé des journées scientifiques internes et externes. Elle a amené des modifications allant vers une démocratisation des structures et a pu maintenir son unité.

Nu een woordje betreffende de nederlanstaligen. Sinds 1960 heeft de vereniging een vlaamse titel en we tellen hedendaags een vijftiental nederlandstalige leden. Dankzij hun moed en volharding hebben wij ook het plezier dat ze belangrijke leidinsplaatsen innemen zoals onze huidige presidente : Christine Franckx. Dankzij Dr Roland Pierloot, Mevrouw Godfrind en ikzelf hebben ze hun vorming in het vlaams kunnen doen, maar de bijeenkomsten waar alle leden aanwezig zijn blijven in het frans.

Annette Watillon

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EntréeSBP

Notre maison. Un voyage mouvementé depuis le principe de plaisir jusqu'au principe de réalité

Il m'incombe de vous conter ici la dernière grande étape en date de la SBP qui correspond, c'est assez cocasse de le réaliser, à celle liée à l'âge qui pour un humain serait celui de la "retraite", plus communément nommée en Belgique la pension.

Depuis le début des années 2000, (dans la décennie avant ses soixante ans…) un vague besoin de sortir de l'ombre planait dans les esprits des membres de la Société Belge de Psychanalyse….Un vague désir, au départ assez informe, et qui s'est lentement précisé sous la forme d'une furieuse envie d'acheter une maison. Les conversations d'après séminaires s'émaillaient régulièrement de "si on avait une maison, on pourrait"… "on devrait absolument avoir une maison"…. Mais avec des SI, on mettrait Paris en bouteille….

Il fallait bien en convenir, notre lieu de réunion était horrible...Le bureau du secrétariat était un espace encombré de 3m sur 3, situé au dessus d'une salle de théâtre coupée en deux par une cloison. Dans cette salle plutôt "has been", nous nous réunissions si l'agenda malmené ne nous mettait pas nez à nez avec une réunion de Weight Watchers qui se tenait en lieu et place de notre séminaire prévu…

En tous les cas c'est là que j'ai connu la société, et ce n'était pas comme à Montmartre en ce temps là, il n'y avait pas de lilas sous les fenêtres…..J'ai appris plus tard, que ce n'était pas le premier lieu où la Société avait été accueillie dans son errance: nous avions déjà squatté, la Croix Rouge, le service social juif, la ligue d'hygiène mentale, et j'en passe….

Donc, la rumeur faisant son chemin et nous avons fini par créer … un "Groupe logement" qui, évoluant au fil du temps, allait porter le projet maison pendant toute sa gestation et l'amènerait sur les fonds baptismaux… mais ce fut une longue histoire.

Ce groupe travailla une année et nous permit d'avoir un projet d'achat valide et faisable dans ses grandes lignes. Le 16 novembre 2006 est une date historique: le projet encore embryonnaire est donc présenté à l'AG et voté à une majorité écrasante de plus de 90% .

Projet de longue haleine. A l'époque nous l'ignorions encore mais il faudra 5 ans pour qu’il se concrétise par les locaux que vous pouvez découvrir. Après le vote, on fit une enquête auprès de nos membres pour pouvoir constituer le cahier des charges: on avait décidé qu'on voulait une maison, oui, mais laquelle, que doit-elle contenir, à quels usages doit-elle nous servir et surtout que sommes-nous prêt à mettre pour qu'elle advienne….? L'enquête, présentée en mars 2007, était intéressante, et révélait les enjeux de cet achat: développer la psychanalyse, sortir d’un isolement et d'un local très laid, s'ouvrir davantage et avoir enfin "pignon sur rue".

Il y avait aussi des embûches et des risques. Acheter une maison à deux, ce n'est déjà pas simple mais quand on est 100? Comment ne pas se disputer dès les premières difficultés? Sans doute fallait-il une bonne dose d'inconscience pour se lancer….

L'enquête montrait des disparités dans la conception du projet mais aussi une belle unanimité: l'investissement l'emportait sur la notion de dons à chercher ou à faire, l'autosuffisance financière était vécue comme un "must", et le souhait net que la participation soit obligatoire de quelque manière que ce soit, afin que cette maison soit bien celle de tous, était évident. A dater ce cette enquête, le rêve pouvait devenir réalité.

Le premier acte posé fut la signature de la constitution de la société immobilière: PSYMMO. Et là on a commencé à chercher et plus à rêver…. Puis il y eut les nombreuses hésitations, des allers retours, des regrets, des craintes…. Et au moment où on commençait à se demander si un jour on allait trouver, peu avant l'été, …on a trouvé.

Une de nos collègues a repéré la perle rare sur un site…..ON a donc acheté …Après ce n'était plus qu'un jeu d'enfant. IL suffisait de consulter les plans, de surveiller le chantier, et l'architecte et son équipe nous ont magistralement aidés….

BureauSBPMais bien entendu, c'est là que se sont glissés les "terrifiants pépins de la réalité" comme les appelle Prévert… Il a fallu choisir, décider des couleurs et du reste. Quels usages privilégier dans cette maison? Comment meubler la cuisine et pour quoi faire, cette cuisine? Plus technique: comment s'assurer du respect des plannings? Comment faire en sorte que le budget tienne la route, que les matériaux soient de bonne qualité? En bref! A qui faire confiance? …. Et quand l'angoisse monte, le ton parfois se fait bien moins caressant….

En conclusion, on ne s'improvise pas bâtisseur….Mais nous avons eu de la chance. Et l'assemblée générale du 12 juin 2011 eut lieu dans nos nouveaux locaux, 5 ans et demi après l'AG fondatrice…. Et très étrangement à l'âge légal de la retraite….. cette nouvelle base permet à notre société de se déployer pour une nouvelle vie.

Aujourd'hui il nous reste à écrire l'avenir de la vie de cette vielle dame. Et à espérer qu'elle sera encore assez indigne et vivante pour affronter les courants contraires et fourbes qui zonent sur son chemin...

Claire Remy

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La formation

De tous temps, la société belge de psychanalyse a accordé une importance particulière à la formation des candidats qui s’adressent à elle pour devenir analyste. C’est à la commission d’enseignement que revient la tâche de penser cette formation. A l’heure où la psychanalyse connaît des critiques, voire des attaques généralisées, où certaines utilisations faites en son nom conduisent à des dérives regrettables, il nous importe de sauvegarder la qualité d’une formation qui assure la rigueur et l’éthique des praticiens psychanalystes reconnus par la société belge de psychanalyse.

Une première étape dans les attributions de la commission d’enseignement consiste en l’évaluation des postulants à la formation. De façon très schématique, cette évaluation se fait par des rencontres avec quatre formateurs au cours de deux «tournées» successives. Les formateurs s’emploient à évaluer les qualités de personnalité des postulants susceptibles de favoriser un apprentissage du métier d’analyste mais aussi d’éviter à certains de s’engager dans une entreprise dont tout laisse supposer qu’elle ne leur convient pas.

Une fois accepté à la formation, le candidat s’engage dans un cursus exigeant. J’en résume le parcours. L’analyse personnelle approfondie assure le fondement de l’identité d’analyste. Cette expérience personnelle est complétée par un apprentissage du métier d’analyste à travers un «enseignement» structuré: trois ans de séminaires théorico-cliniques et deux supervisions hebdomadaires de cures analytiques.

Nous n’ignorons pas la situation précaire de la psychanalyse aujourd’hui dans un environnement culturel dont les impératifs de consommation, «tout, tout de suite» et les modes de communication battent en brèche les référents propres à sa pratique. L’approche psychanalytique privilégie en effet une relation thérapeutique fondée sur le partage d’une pensée incarnée. Elle se déploie selon une temporalité susceptible de promouvoir un remaniement profond du fonctionnement psychique.

Malgré les contraintes de la formation, des professionnels de la santé continuent à s’adresser à nous pour approfondir leur approche du fonctionnement psychique et affiner les outils qui les aident dans leur tâche psychothérapeutique. Dans ce contexte nous voulons garder vivante une formation qui permette aux candidats de rencontrer pleinement l’essence de la psychanalyse. Nous pensons que la transmission que nous assurons permet que ne se dilue pas la spécificité de la pensée psychanalytique héritière de la rigueur freudienne.

Pensée psychanalytique dont nous pensons aussi qu’elle soutient les applications à d’autres situations que le légendaire «divan/fauteuil», même s’il garde toute sa pertinence. Aujourd’hui, les analystes sont aussi sur le terrain, soucieux d’appliquer leurs connaissances dans la multiplicité des domaines propres à la santé mentale. .Il m’est évidemment impossible de mentionner ici la diversité des domaines où les analystes apportent leur participation. Mais il m’importe d’insister sur l’importance qu’accorde la société belge de psychanalyse à cette forme de présence de ses membres dans le monde de la santé mentale actuel.

Jacqueline Godfrind

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La Psychanalyse dans la cité

Depuis le début des années 2000, un vent d'ouverture a soufflé sur notre société qui était si discrète.

Certes, les analystes de la SBP s'étaient investis auparavant dans des formations, mais en dehors de la SBP. En effet, nous avions déjà le souci de nous adresser aux plus jeunes et de leur donner une image vivante et clinique de la psychanalyse: la création du «groupement» et de la «formation à l'infantile», en partenariat avec ce qui était alors la ligue d'hygiène mentale, a été la première ouverture vers l'extérieur. Quelques années plus tard, la création de l'Ifisam et du Gercpea est venue confirmer ce souhait.

Il faut aussi souligner la participation à la formation des étudiants en psychologie ou en psychiatrie de nombreux collègues, que ce soit à l'ULB, l'UCL ou l'ULG ainsi qu'à la formation continue. Avec une mention particulière pour nos collègues néerlandophones qui, malgré leur plus petit nombre, sont actifs depuis plus longtemps encore à la KUL, au niveau de l'université et de la formation continue.

Venant de l'intérieur de la société, la création de la Revue Belge en 1982 a été la première vitrine qui a permis de développer et de partager notre manière propre de penser la psychanalyse, caractérisée par l'articulation constante de la théorie et de la clinique.

Mais le vent nouveau qui a soufflé depuis les années 2000 a été porté par le projet et l’achat de notre maison, symbolisant notre souhait d'ouverture.

C'est à ce moment là, comme Claire Remy vous l'a montré, que nous avons commencé à «rêver» notre maison. Il a fallu du temps pour faire mûrir le projet mais déjà il donnait une première impulsion: en effet, c'est en 2007 qu'a eu lieu le premier «Colloque ouvert», à Kortenberg, devenu simplement le «Colloque de Kortenberg». Depuis, il a lieu tous les deux ans, le prochain aura lieu en 2017.

Et puis, en 2008, c'est la création de Psymmo qui a permis d'acheter en 2010 la «maison», comme nous l'appelons familièrement entre nous.

Depuis lors le mouvement s'est bien accéléré: en 2011, la création des «Séminaires du mercredi»; l'année suivante, le cycle des séminaires de lecture de Freud, à la maison mais aussi à Liège; puis les séminaires «Bion», en français et en néerlandais. Et cette année enfin, l'ouverture à la conférence de notre invité Michael Parsons, de la British Society.

Du côté néerlandophone, il faut aussi souligner le succès de l'Université d'été, organisée par la SBP en partenariat avec les sociétés hollandaises.

Il faut aussi parler de l'ouverture européenne: italien, anglais, grec, allemand, espagnol, plusieurs de nos collègues sont bilingues et participent activement à l'ouverture de notre société vers l'extérieur.

Je ne dirai qu'un mot de notre engagement à la Fédération Européenne de Psychanalyse et à l'Association Internationale de Psychanalyse mais il faut savoir que de nombreux collègues s'y sont investis au fil des années et que notre société y est vraiment reconnue.

Plus récemment, avec des collègues de différentes associations, nous participons à la CAOP, Confédération des associations d'orientation psychanalytique, pour défendre les valeurs de la pensée psychanalytique. Après les événements douloureux de mars dernier, la collaboration avec la CAOP, nous a permis de mettre sur pied, ensemble, dans un bel élan de solidarité, des consultations post-attentats.

C'est aussi avec un vrai plaisir que nous voyons des collègues d'autres associations investir notre espace au fil des années, pour y faire des colloques ou des réunions de réflexion.

Nous avions tous sentis, malgré les craintes, que quelque chose de nouveau allait surgir de ce pas que nous venions de franchir, un nouvel élan pour notre société. Et en effet, que de changements en peu de temps! Ils mettent bien en évidence les deux facettes de la maison. Au-dedans, elle est pour chacun de nous un espace convivial de travail, mais c'est aussi et surtout un tremplin vers l’extérieur, vers le dehors. Je pense que nous avions besoin d’un lieu comme celui-ci, espace de réflexion ancré dans la cité, pour exprimer bien fort notre volonté de promouvoir l’importance de la vie psychique sous toutes ses formes et donner à la psychanalyse une nouvelle chance d’être entendue et présente sur la scène publique et surtout celle de la santé mentale.

Marie France Dispaux

E-JOURNAL "Psychoanalysis today"


Troisième édition : « Migration »

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FONDATION JEAN LAPLANCHE

La "Fondation Jean Laplanche - Nouveaux fondements pour la psychanalyse" est une fondation de l’Institut de France placée sous la présidence scientifique de Christophe Dejours. Elle a pour but "de contribuer au développement de la psychanalyse en France et à l’étranger, dans l’esprit qui a inspiré la vie scientifique du fondateur". PhotoJean Laplanche a dirigé la Bibliothèque de psychanalyse (P.U.F.), Voies nouvelles en psychanalyse et Psychanalyse à l’université. Il a de plus dirigé la publication d’une nouvelle traduction des œuvres complètes de Freud (OCP/ Psychanalyse, P.U.F). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, articles et conférences.

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